Côte-Nord: la richesse est là. Mais pour qui?
Quand on parle de la Côte-Nord, on parle de mines, d'aluminium, d'hydroélectricité, de ports, de forêt, de pêche. On parle de ressources. On parle de richesse.
Et la richesse, elle est bien là.
Mais il faut se poser une question toute simple : pour qui ?
La Côte-Nord, c'est 236 000 kilomètres carrés et moins de 90 000 personnes. On fournit des ressources, de l'énergie et des matières premières au reste du Québec.
Mais malgré ça, notre population diminue et l'itinérance augmente.
En 2024, l'itinérance hébergée avait augmenté de 52 % par rapport à 2022. Et en 2025, le dénombrement de l'itinérance visible estimait à 155 le nombre de personnes concernées sur la Côte-Nord, une hausse de 65,1 % depuis 2022.
Il n'y a pas de relation automatique entre richesse et itinérance. Mais quand une région produit autant de richesse et que des gens n'arrivent même plus à se loger, il faut poser la question : qu'est-ce qui ne fonctionne pas ?
Ici, notre réalité particulière compte. La Côte-Nord est immense. Les communautés et les services sont éloignés. Pour quelqu'un qui n'a pas de voiture, pas de logement et qui vit déjà de la précarité, quelques dizaines ou centaines de kilomètres deviennent un obstacle réel.
Alors il faut parler d'environnement social : le logement, l'alimentation, le transport, les soins et des services publics qui répondent aux besoins des communautés.
Mais il faut aussi parler de notre environnement naturel.
À Sept-Îles, l'Institut national de santé publique du Québec a déjà relevé des lacunes dans les données sur la qualité de l'air et recommandé des périodes d'échantillonnage plus longues.
Aujourd'hui, il y a du suivi. Mais la question demeure : avons-nous réellement accès aux données ? Savons-nous ce qui est mesuré, où, quand et dans quelles conditions ?
Parce que sans accès à l'information, la population ne peut pas réellement participer aux décisions qui concernent son environnement.
Et il y a une autre réalité qu'on ne peut pas contourner : la Côte-Nord, c'est aussi le Nitassinan.
Les mines, les barrages, les lignes électriques et les chemins de fer n'ont pas été construits sur un territoire vide. Une grande partie de cette richesse est produite sur le territoire ancestral des Innus. Les Naskapis sont eux aussi directement concernés par plusieurs projets de développement.
À Pessamit, les Pessamiulut ont rejeté l'entente Aishkat proposée avec Hydro-Québec et le gouvernement du Québec.
La question n'est donc pas seulement : combien vaut une compensation ?
La question fondamentale, c'est : qui décide ?
Si nous revendiquons pour le Québec le droit de décider de son avenir, nous devons reconnaître ce même droit aux Innus et aux Naskapis.
Alors toutes ces questions nous ramènent au même endroit.
Qui décide de notre économie ?
Qui décide de nos priorités ?
Qui décide de ce qu'on produit ici et de ce qu'on fait de cette richesse ?
Moi, je me présente dans Duplessis avec le Parti Marxiste-Léniniste du Québec pour mettre cette question au centre du débat.
Le 5 octobre, le bulletin de vote est aussi un moyen de dire quelque chose.
Voter marxiste-léniniste, c'est dire qu'on veut une autre direction. Une direction où les travailleurs et les travailleuses participent réellement aux décisions économiques, où les besoins sociaux passent avant la recherche du profit et où les populations qui vivent sur le territoire ont leur mot à dire sur son développement.
Et pour moi, la campagne ne s'arrête pas le soir de l'élection.
Je vais continuer à défendre les droits des travailleurs, des travailleuses et des personnes laissées pour compte. Je vais continuer à parler d'itinérance, de logement, de services publics, d'environnement et du droit des Premières Nations à décider pour elles-mêmes.
Je ne suis pas candidat pour quatre semaines.
Je suis là 365 jours par année.
La richesse est là.
La question, c'est : pour qui ?
Et surtout :
Qui décide ?