Numéro 2 ·
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Chantier politique, numéro 2, 10 septembre 2026

Manifestation nationale à Québec
NON aux mégaprojets éoliens au service de riches intérêts privés!


Le lundi 7 septembre, des centaines de personnes venant de tous les coins du Québec ont convergé vers Québec pour un grand rassemblement à l'appel de Toujours maîtres chez nous. Parmi eux, des gens de tous les âges et de nombreuses familles sont venus avec leurs pancartes pour exprimer leur opposition aux mégaparcs éoliens privés. Parmi ces pancartes, on pouvait lire : « TES Canada, on ne nous fera pas taire avec de l'argent et des avocats ! », « Éoliennes industrielles = privatisation des profits et nationalisation des pertes ! », « TES Canada intimide les municipalités, nie la démocratie, méprise l'acceptabilité sociale ! », « Dégâts éoliens, méga-éoliennes, trop de risques pour faire de nous des cobayes : moratoire ! », « Non à la privatisation » et plusieurs autres.
Plusieurs ont donné leur propre témoignage sur ces grands intérêts privés qui viennent voir les municipalités, les approchent pour leur proposer d'installer ces méga-éoliennes, souvent plus de 200 mètres de haut, alors que les fermiers qui vont être les premiers touchés par ces installations sont pris devant des faits accomplis. D'autres ont témoigné que lorsqu'ils se sont présentés devant leur conseil municipal pour demander des éclaircissements, ils ont frappé un mur ou se sont fait dire de ne pas insister, qu'ils étaient des trouble-fêtes.

De là est venu l'idée importante que les gens s'organisent dans leur communauté et leur région. On en a vu l'expression à la manifestation de lundi : les manifestants ont apporté leurs revendications et ont exigé d'avoir leur mot à dire sur les décisions qui les affectent, en particulier sur la question de parcs éoliens. Élections ou pas, il n'est pas question de se taire, ont-ils dit.
Puis les manifestants se sont mis en marche partant des plaintes d'Abraham jusqu'à l'Assemblée nationale. Tout le long du parcours, les gens sur les trottoirs et dans les parcs exprimaient leur appui, prenaient des photos, et automobilistes klaxonnaient ou signalaient leur appui d'un signe de la main. Un contingent du Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) était présent à la manifestation et les activistes ont distribué la déclaration du Parti émise pour la journée qui a donné lieu à de nombreux échanges sur cette bataille en cours et les expériences vécues.
Devant l'Assemblée nationale, Stéphane Brière, un aîné de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk et gardien du territoire situé dans le Bas-du-Fleuve, Patrick Gloutney, président du Syndicat canadien de la Fonction publique pour le Québec, et Janie Vachon-Robillard, fondatrice et porte-parole du Collectif Citoyens pour un choix éclairé dans Nicolet-Yamaska, sont intervenus sur l'enjeu de la bataille en cours. Ils ont condamné d'une seule voix la privatisation d'Hydro-Québec, la perte d'expertise publique par la privatisation, le mépris du gouvernement pour les communautés et les Premières Nations qui ne sont ni écoutés, ni respectés, ni protégés. Ils ont exprimé leur détermination à résister et à se faire entendre. Leurs interventions ont été chaudement applaudies.
L'événement s'est terminé avec des mises en scène, des chansons et des prises de parole, toutes illustrant l'expérience des collectivités d'avoir appris ensemble à défendre leurs intérêts et à parler en leur propre nom.
Un des aspects importants de la manifestation est que la réponse à la question Qui doit décider de l'occupation du territoire ? est un enjeu électoral, tout comme l'exploitation de ses ressources. Tant qu'ils n'auront pas le dernier mot sur l'utilisation et l'exploitation du territoire, les communautés résisteront et persisteront dans leurs demandes.

Élections générales du 5 octobre
Un appel à rejeter tous les partis cartellisés et leur crise existentielle
De nos jours, les gens sont de plus en plus témoins et dégoûtés de toutes les manigances qui se font en période électorale ou préélectorale, ou tout le temps puisque les partis cartellisés à l'Assemblée nationale sont toujours en campagne électorale.

Dernièrement, on a vu à Ottawa les députés traverser de l'autre côté de la chambre pour rejoindre le gouvernement Carney. Ici au Québec, on a vu une ancienne ministre de la Coalition avenir Québec, Maïté Blanchette Vézina, se joindre au Parti conservateur. Évidemment, elle n'a pas été élue en tant que représentante du Parti conservateur. Puis, nous avons vu Mark Carney nommer au Sénat un député conservateur fédéral pour délibérément créer un siège vacant à la Chambre des communes. Il a convoqué une élection partielle, la machine libérale s'est mise en marche et les libéraux l'ont remportée. La manoeuvre a permis à Carney de consolider ce qu'il appelle son « gouvernement majoritaire ».
On a vu aussi les libéraux du Québec retirer six candidats qu'ils avaient choisis pour l'élection du 5 octobre. En ce qui concerne le Parti québécois, on a vu Vincent Marissal, ex-député de Québec solidaire, devenir candidat du Parti québécois dans Taschereau à Québec, pour faire campagne contre Étienne Grandmont de Québec solidaire. C'est vu comme une manoeuvre pour miner la base de Québec solidaire. À peine quelques heures tard, le PQ a changé d'idée et a annoncé que Marissal ne sera pas candidat du parti. Le scandale l'avait déjà rattrapé avec une affaire de financement douteux.
Il y a la circonscription de Richmond où le candidat qui porte aujourd'hui les couleurs de la CAQ est un ancien candidat du PQ, et le nouveau visage du PQ dans Richmond est un ancien de la CAQ. Son épouse est la mairesse de Sherbrooke et ancienne députée du Parti libéral du Canada.
Puis dans Charlevoix, le PQ a nommé comme candidat un certain François Gariepy, sorti directement des radios poubelles. Cette nomination a soulevé la colère même des membres qui ont menacé de quitter le parti. Comment le PQ peut-il justifier cette nomination ? Pas facile.
La candidate de la CAQ dans Charlevoix, Karina Bourassa, une ancienne candidate du NPD, dit avoir été séduite par les valeurs de la CAQ. Quelles sont ces valeurs qui motivent une personne à changer de camp ? C'est « de travailler ensemble ». « On travaille ensemble, je vais représenter tous les électeurs de mon comté », et patati et patata. Si vous voulez savoir ce que veut dire « travailler ensemble » dans le langage des politiciens corrompus, vous n'avez qu'à regarder ce qui se passe avec ce qu'on appelle le « troisième lien », le projet d'infrastructure routière pour relier Québec et Lévis en plus du pont de Québec et du pont Pierre-Laporte. C'est une patate chaude pour les politiciens depuis 60 ans et le seul « travailler ensemble » évident est qu'ils s'en servent tous pour leur bla-bla électoral.
Ceux qui « travaillent ensemble » à la CAQ, aussi bien qu'à l'Assemblée nationale et au Conseil des ministres, n'étaient même pas au courant que la vice-première ministre Geneviève Guilbault avait été envoyée par François Legault pour dire « on ne fera pas le troisième lien ». Ça, c'est « on travaille ensemble ». C'est clair qu'il y a quelqu'un qui donne les commandes quelque part et que « travailler ensemble », ça n'inclut pas le peuple.
On a monsieur Duhaime, chef du Parti conservateur, qui est maintenant représenté à l'Assemblée nationale par la candidate transfuge de la CAQ. Il dit vouloir « dire tout haut ce que les gens pensent tout bas ». Quelle découverte ! C'était le slogan préféré de Réal Caouette, du défunt Parti Crédit social dans les années 1960-1970, et de Camille Samson, député du Crédit social qui, à un moment donné, est devenu député libéral.
C'est de ce genre de magouilles-là des partis cartellisés que les gens sont écoeurés.
Le Parti marxiste-léniniste du Québec (PMLQ) souhaite que les Québécois et les Québécoises se considèrent comme des êtres pensants et il encourage chacun à s'exprimer en son nom propre et à se joindre à tous ceux qui font pareil. Le PMLQ ne crée aucune illusion que le système politique en place pourra un jour fonctionner à l'avantage du peuple s'il est réaménagé avec « le bon monde ». Il fait appel à tous ceux et celles qui ont cette préoccupation, tous ceux et celles qui en ont assez du système non représentatif, de se joindre au mouvement pour le renouveau démocratique, pour s'investir du pouvoir décisionnel, sans la racaille qui prétend nous représenter.

Le PMLQ fait appel à ceux et celles qui veulent mettre fin au mode de scrutin uninominal à un tour, qui ont été dégoutés par les Legault et Trudeau qui avaient promis que c'était la dernière élection avec ce scrutin-là, mais qui, une fois au pouvoir d'un gouvernement majoritaire, ont renié leur promesse sans sourciller. Il invite tous ceux et celles qui en ont assez du système politique qui réduit le peuple au silence et le prive de son pouvoir à se joindre au travail pour le renouveau démocratique.
Il y a ceux qui se désolent que « la gauche » est en recul à Québec parce qu'elle a perdu aux élections municipales et est en difficulté au provincial. On sait que plusieurs députés de Québec solidaire, dont certains sont sortants, ont été dégoûtés de leur expérience parlementaire. Il y a ceux qui pensent encore qu'il faut donner une chance au processus et qui seront déçus. L'élection du 5 octobre ne peut qu'apporter une déception générale, aggraver les conditions de vie et de travail et aggraver la crise des institutions dysfonctionnelles.
Le PMLQ exhorte chacun à s'exprimer en son nom et à ne pas laisser ces politiciens de l'élite parler au nom du peuple. Tout le monde a vu que les partis cartellisés sont incapables de résoudre les problèmes et l'illusion a de moins en moins d'adeptes. L'alternative est que les travailleurs trouvent les moyens d'exprimer leurs propres points de vue sur les choses et abordent les problèmes d'une manière qui leur permette de changer la situation à leur avantage.
Au Québec, la classe ouvrière est très active. Les gens se battent pour leurs droits. Il y a des grèves et des lockouts qui ont exposé à plusieurs reprises un gouvernement et des employeurs qui négocient de mauvaise foi. Des villes et des communautés s'opposent aux projets miniers qui vont servir la machine de guerre des États-Unis et aux pollueurs toxiques comme Stablex et d'autres ou encore comme Glencore à Rouyn-Noranda. C'est aussi un problème au Vieux Port de Québec.

Legault et Trudeau ont fini dans le déshonneur. Ni l'un ni l'autre n'a pu terminer son mandat. Aujourd'hui, Carney, Fréchette et tous les partis cartellisés sont confrontés à une crise qui continue de s'aggraver parce qu'ils persistent à utiliser leurs positions de pouvoir et de privilège pour imposer des stratagèmes pour payer les riches comme soi-disant solution à tous les problèmes. Ils font du tort à l'environnement naturel et social, provoquent une détérioration des conditions de vie et de travail et entraînent le Canada et le Québec dans l'agression et la guerre. C'est une crise des institutions, de la « démocratie du roi » – et un roi étranger par-dessus le marché. La résistance de la classe ouvrière et des peuples ouvre la voie à l'avenir. La lutte pour les droits et pour faire du peuple le décideur ouvre la voie à l'avenir.
Dans ce contexte, on voit l'accélération des attaques des impérialistes contre les peuples du monde, y compris les peuples au Québec et au Canada. Cette période de repli de la révolution est également une période de transition dans laquelle les peuples sont appelés à jouer un rôle central. La voix de la résistance mène à la création d'une nouvelle personnalité démocratique où ce sont les peuples qui font l'histoire.

L'opportunisme crasse du gouvernement de la CAQ ne connaît pas de limite

Même si la campagne électorale québécoise n'a été officiellement lancée que le 27 août, la Loi électorale du Québec, adoptée par les partis politiques cartellisés siégeant à l'Assemblée nationale, autorise une période dite de « pré-campagne électorale » commençant le 1er juillet. Elle ne favorise que les partis cartellisés, dont les agences de communication peuvent se lancer « légalement » à plein régime à cette date avancée. Bien sûr, on sait que le gouvernement de la Coalition avenir Québec (CAQ) se prépare à cette élection depuis plus d'un an. Utilisant ses positions de privilège et de pouvoir, il a fait adopter rapidement des lois scandaleuses, anti-travailleurs et antinationales. Il s'est débarrassé de François Legault qui était devenu un boulet pour la CAQ. Puis, Christine Fréchette, connue pour défendre des intérêts privés étroits, est devenue la nouvelle cheffe de la CAQ et, par conséquent, la nouvelle première ministre non élue du Québec.
Le 9 juillet, Christine Fréchette a renommé son parti « Équipe Christine Fréchette – Coalition Avenir Québec ». Ce sera le nom inscrit sur les bulletins de vote à l'élection du 5 octobre. L'adresse web du parti demeure coalitionavenirquebec.org, mais sur le site, c'est le nom Équipe Christine Fréchette qui est promu. La première ministre est passée au premier plan et l'« avenir » au second.
Depuis sa fondation, le parti fondé par François Legault a changé de nom cinq fois. Le 4 novembre 2011, le parti obtenait l'autorisation du directeur général des élections de s'appeler « Coalition pour l'avenir du Québec ». Le 21 décembre 2011, il est devenu la « Coalition avenir Québec ». Le 27 juin 2012, à la veille du déclenchement de l'élection générale à laquelle le parti participe pour la première fois, le nom de François Legault y est ajouté. Il s'appelait : « Coalition avenir Québec – L'équipe François Legault ». En janvier 2026, François Legault a démissionné en tant que chef du parti et chef du gouvernement. Le 15 avril, lorsque Christine Fréchette lui a succédé officiellement comme chef de parti et de gouvernement, le parti a été renommé « Coalition avenir Québec ». Le 9 juillet 2026, le parti rechange pour la cinquième fois de nom. Il s'appellera « Équipe Christine Fréchette – Coalition avenir Québec ».

On dirait bien que la CAQ vit une crise d'identité perpétuelle. Elle se décrit parfois comme étant à droite, parfois au milieu, parfois comme une « troisième voie » nationaliste, pragmatique et interclassiste, ou encore nationaliste identitaire et autonomiste, centre-droite économique, etc. L'objectif déclaré de ce dernier changement de nom est de faire croire que le parti a retrouvé un nouveau souffle avec sa nouvelle championne, expérimentée et confirmée, d'intérêts privés étroits, sur qui les oligarques peuvent compter. De toute évidence, Mme Fréchette et son équipe pensent qu'elle réussira à esquiver l'opposition populaire. François Legault avait dû démissionner dans le déshonneur, tant son mandat avait suscité la colère.
Le changement de ton et de style fait de Christine Fréchette une candidate idéale pour l'« équipe unie » que Mark Carney pavane dans les médias – pour l'aider à intégrer la braderie de la grande économie du Québec et de l'Ontario à son programme de destruction nationale appelé Bâtir un Canada fort. Le chef libéral se réjouit en effet de pouvoir compter sur l'expérience européenne et les politiques de Mme Fréchette qui sont calquées sur les siennes.
Quelles que soient les étiquettes, le plan de subordonner le Québec aux intérêts privés étroits des oligarques reste pour l'essentiel inchangé. C'est encore la restructuration de l'État pour faciliter son usurpation par des intérêts privés, sauf que maintenant c'est encore plus évident.
L'opportunisme crasse de ce gouvernement n'a pas de limite pour ce qui est des manigances pour tromper le peuple et s'accrocher au pouvoir. Mais malgré cela, les grands mouvements d'opposition des travailleurs de tous les secteurs de l'économie, des agriculteurs et de l'ensemble des Québécois à ce programme destructeur, en santé, éducation, construction, services de garde, services sociaux, mines, électricité, transport, ressources naturelles –se poursuivent. Ils continuent de prendre de l'ampleur à mesure que les travailleurs et le peuple apprennent à parler en leur propre nom.
