Numéro 11 ·
Après l'élection du 5 octobre
Le peuple est en action pour poursuivre la lutte pour son empouvoirement!
Après l'élection, loin de rester spectateurs d'un processus politique qui le marginalise, ou d'attendre l'ouverture des travaux de l'Assemblée nationale le mardi 17 novembre 2026, les différents collectifs du peuple, les travailleurs, les jeunes et d'autres poursuivent leurs actions pour parler en leur nom.


Au lendemain de l'élection, le 6 octobre, au Complexe Desjardins à Montréal, près de deux cents travailleurs avec leurs drapeaux et bannières de leurs sections locales représentant surtout les ouvriers des métiers de la construction, les associations de défense des travailleurs accidentés de Montréal et des régions dont l'Abitibi-Témiscamingue, se sont rassemblés devant les bureaux de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST). Ils ont demandé haut et fort que la Loi 27 Loi modernisant le régime de santé et de sécurité du travail doit être abrogée.
Le même jour, après avoir manifesté à Sherbrooke à la fin septembre contre le projet de construction d'un édifice de base de données par l'entreprise Keel Infrastructure, l'appel a été lancé de participer au conseil de ville le 6 octobre pour s'y opposer.


Le 6 octobre également, sept organisations syndicales sont allées devant la Cour supérieure pour contester des dispositions de la Loi sur l'équité salariale adoptée en 2019. Pour eux et les travailleurs et travailleuses, le principe au coeur de cette bataille demeure fondamental : les travailleuses ont droit à un salaire exempt de discrimination et, lorsqu'une discrimination est constatée, elles doivent obtenir tout ce qui leur est dû.
Ce principe était pourtant au coeur d'une décision de la Cour suprême du Canada, qui invalidait en 2018 certaines dispositions du régime québécois de maintien de l'équité salariale. Le gouvernement du Québec se voyait forcé de réécrire la loi, car les dispositions empêchant la rétroactivité des corrections salariales constituent une discrimination à l'égard des femmes, statuait le plus haut tribunal du pays. La nouvelle loi adoptée en 2019 par le gouvernement de la CAQ a maintenu ces dispositions discriminatoires.
De plus, d'autres objets de la loi sont contestés par certaines organisations syndicales, notamment en ce qui a trait à la liberté d'association. « Près de trente ans après l'adoption de la Loi sur l'équité salariale, nous devons encore nous battre pour que les travailleuses obtiennent ce qui leur revient. Ce n'est pas un détail technique : c'est de l'argent qu'elles n'ont jamais reçu », déclarent les leaders syndicaux.
Le 9 octobre, le Tribunal administratif du Québec a suspendu la Loi 14, Loi visant à considérer davantage les besoins de la population en cas de grève ou de lock-out. Le litige opposait l'employeur Le Jardin de Robi (à Roberval, Saguenay-Lac-Saint-Jean) au syndicat des travailleuses affilé à la FSSS-CSN. C'était la première fois qu'un employeur utilisait la Loi 14 de Jean Boulet et son application a été suspendue, jugeant que le régime de maintien des services assurant le bien-être de la population portait atteinte à la liberté d'association et que cette atteint est contraire aux chartes.
Le 10 octobre, la communauté de Coaticook a réclamé la tenue d'un référendum réclamé sur le projet éolien de la MRC de Coaticook pour cause de manque de transparence. L'entreprise Innergex évalue présentement la possibilité d'implanter jusqu'à une vingtaine d'éoliennes à Coaticook, Dixville et Saint-Herménégilde.
Le 13 octobre, les OUI Québec ont annoncé que, dans le contexte du retour du débat sur l'indépendance du Québec, ils lançaient la Tournée Club Pays pour déployer un réseau de cafés indépendantistes partout au Québec, après l'ouverture de leur premier café à Montréal (rue Saint-Hubert). Du 22 octobre au 15 novembre, l'organisation effectuera une dizaine d'arrêts à travers le Québec afin de rassembler les communautés locales et jeter les bases d'un réseau de cafés Club Pays. Ils veulent réinventer la mobilisation : l'indépendance au quotidien. Pour les OUI Québec, le projet d'indépendance doit se rapprocher du quotidien du monde. C'est le pari de la Tournée Club Pays : ancrer le projet de pays dans la vie des localités là où les gens se croisent, se parlent et s'organisent.
L'espace accueille régulièrement des conférences, des spectacles de musique ou de théâtre, ainsi que de nombreuses rencontres de mobilisation citoyenne. Des milliers de jeunes et moins jeunes, d'indépendantistes mais aussi d'indécis ont foulé les portes de ce premier Club Pays au Québec. Le café a atteint la rentabilité trois mois après son ouverture ; un véritable exploit pour ce type de commerce.
Plusieurs localités ont déjà manifesté leur intérêt d'ouvrir un Club Pays dans leur région : la tournée est une réponse à cette demande.
Le 13 octobre, la Loi 4 Loi visant à améliorer la transparence, la gouvernance et le processus démocratique de diverses associations en milieu de travail, a été contestée. LANEQ (Les avocats et notaires de l'État québécois) a déposé un pourvoi en contrôle judiciaire en Cour supérieure afin de contester des dispositions de la Loi car celle-ci vise notamment à réduire la capacité d'agir des syndicats dans les débats publics et démocratiques et à limiter leur agilité pour défendre leur organisation et les intérêts de leurs membres. Elle prévoit notamment des restrictions à la capacité des syndicats de contester la constitutionnalité d'une loi. Elle modifie le Code du travail afin d'interdire aux syndicats de financer de telles contestations autrement que par des « cotisations facultatives », lesquelles doivent préalablement être autorisées par un vote majoritaire en assemblée générale, au moins une fois par année.

Le 14 octobre, des audiences publiques ont débuté à Québec le projet de terminal international de conteneurs au port de Québec. Le projet vise à ce qu'en 2035, 200 000 conteneurs soient transbordés annuellement. Il y a beaucoup de choses en jeu. Entre autres, la question environnementale, le fait que Québec est une plaque tournante pour l'armée canadienne, tout comme à Halifax. Il y a beaucoup d'opposition des gens de Québec au projet et plusieurs se préparent à prendre la parole pour s'y opposer, arguments à l'appui. Ce sera à suivre.
Le vendredi 16 octobre la Nuit des sans-abri a eu lieu dans 89 endroits au Québec, alors que le premier ministre Saint-Pierre Plamondeau a promis d'investir avant l'hiver pour les sans-abri, qu'il consulterait les organisations concernées et qu'il investirait 4 milliards de dollars contre l'itinérance au cours des cinq prochaines années. Au cours de l'élection, de nombreuses manifestations ont eu lieu pour exiger des ressources adéquates, du financement et des services accrus pour prendre soin des sans-abri. Le problème ne date pas d'hier. La Nuit des sans-abri au Québec a débuté en 1989, à l'initiative des Auberges du coeur à Montréal. Depuis, elle a lieu depuis maintenant 37 ans, chaque année le troisième vendredi d'octobre.









Du 12 au 18 octobre, le Regroupement des maisons de jeunes du Québec, membres actifs du Communautaire à boutte, tient, pour sa 29e année, la semaine des maisons de jeunes 2026 en disant : les ados veulent que les élues prennent leur parole au sérieux. Les résultats montrent que les jeunes ne souhaitent pas simplement être consultés : ils et elles veulent avoir une réelle place dans les décisions qui façonnent leur quotidien et leur avenir. Leurs priorités établies en les consultant sont : la santé mentale qui arrive en tête (48,6 %), le suivi de l'intimidation et de la cyberintimidation (34,5 %) et de l'éducation (32,4 %). Également, ils demandent davantage de ressources en santé mentale, plus d'actions contre l'intimidation, une école mieux adaptée à leur réalité, davantage d'espaces pour se rassembler ainsi qu'un meilleur soutien aux maisons de jeunes.
Et puis du 19 au 23 octobre, c'est au tour de Communautaire à boutte de poursuivre ses actions pour exiger un financement massif dans les programmes sociaux, dans les conditions de travail des organisations qui oeuvrent dans le milieu communautaire. Chaque jour sera une journée d'action. Et le 21 octobre, il y aura un grand rassemblement à Sainte-Adèle de 14 h à 18 h.
